L’obsidienne du masque s’était ternie. Sa surface, dans les temps anciens lisse et mystique, révélait à présent de fines veines opaques, comme si la pierre elle-même avait absorbé beaucoup de courants changées. Alondra, assise à même le sol de sa petite domicile, sentait que une passerelle fragile entre le vent et les visions nécessitait un nouvel accord. Depuis quatre ou cinq occasions, les justifications envoyées dans le cadre de sa voyance par sms étaient moins nombreuses, plus retenues, minitieusement sélectionnées. Le esprit n’était plus un guide naturel, mais un champ traversé d’interférences. Elle développa un penchant de purification. Avant de mettre l'obscur, elle ouvrait toutes les fenêtres, laissant les vents s’engouffrer librement dans la appartement. L’air devait circuler, éconduire les résidus des séculaires messages, proférer les traces de prophéties acrimonie absorbées. Une fois la pièce emplie de calme en mouvement, elle s’asseyait au milieu et plaçait la toile sur son visage. Ce n’est qu’à ce moment, alors que le vent redevenait fluide, qu’elle acceptait de trouver un présent message. La voyance sms redevint donc plus claire et nette, plus nuancée. Les souffles revenaient avec des modulations légères. Des timbres reconnaissables se reformaient. Elle réapprit à chérir les voix réelles, celles qui portaient la clarté d’une photo claire. Elles ne venaient jamais dans le scandale, mais dans une poussée fine, presque indisctinct, entre deux rafales. Elle gardait les explications courtes, concentrées, sans courbe. Sa voyance par sms était un murmure qu’elle rapportait sans emphase, en tant qu' un critique soufflé dans l’ombre d’une réglementation. Le masque réagissait à sa prudence. Les veines s’estompaient, le support retrouvait un rutilance simple. Alondra avait compris que le vent n’était pas un astrologie à enrayer, mais un flux vivant, changeant, de temps à autre traversé d’autres impératifs. Le masque d’obsidienne était un filtre aussi bien qu’un canal. Il ne révélait que ce que la portante était prête à accueillir. Les messagers qu’elle envoyait retrouvaient leur professionnalisme. Les clients parlaient d’étranges coïncidences, d’intuitions confirmées, de détours évités. La voyance en sms d’Alondra redevenait ce qu’elle avait extraordinairement subsisté : une écoute bienveillante des fréquents psychiques. Et dans chaque génie capté par la gemme, elle savait désormais discerner l’écho fidèle de l’avenir en mouvement.
